Du 12 août au 23 août
Ile du Prince Edouard, Caraquet, Gaspésie
A peine 2 semaines après notre arrivée, nous quittons déjà la Nouvelle Ecosse, ces terres sauvages magnifiques, qui ont accueilli nos 1ers km éblouis, nos 1ers bivouacs « seuls au monde », nos 1ères sorties et balades à la découverte d’une nature incroyable...
Dur de s’y résoudre!
Il faut dire que ce n’est pas très fair-play de nous en mettre autant plein les yeux dès les 1ères semaines! On pourrait rester largement plus d’1 mois ici. Comment voulez-vous que l’on avance après ça?
Les cousins au bout du monde
Heureusement, nous avons une vraie excuse valable, ou plutôt une belle motivation : celle de retrouver nos cousins eux aussi en vadrouille, pour 2 mois au Canada.
Retrouvailles presque irréelles sur une plage, à l’autre bout du monde tout simplement... Quelle joie! Quelques embrassades et une bonne baignade plus tard, nous voilà partis pour quelques jours de route ensemble. Trop court, au regard des immensités qui nous attendent encore sur ce continent, mais tellement énorme et intense en comparaison de nos habituels rendez-vous parisiens, toujours à la volée, dans des agendas qui débordent ... On savoure pleinement.
L’Ile du Prince Édouard (PEI)
Tous les 9, nous partons à la découverte de l’Ile du Prince Édouard, plus petit état de la confédération canadienne.
Après la Nouvelle Ecosse, l’île nous semble bien peuplée et touristique... un peu comme quand on quitte la Pointe du Raz pour aller n’importe où ailleurs, en fait. Mais on y trouvera notre compte aussi... entre les grandes étendues de sable où les enfants jouent des heures à s’inventer des histoires de châteaux fortifiés, la paisible petite ville de Charlottetown où nous gouttons nos 1ères Queues de Castors, le charme des vieux phares de bois qui balisent, par dizaines, les côtes ciselées de ce tout petit bout de terre,
la découverte du lancer de billots (ou de haches!!.. c’est selon) dans les fêtes bien du cru peuplées de chemises à gros carreaux, les ventrées de homard direct sur le port...
Et aussi, la vie de camping-cariste, avec un bivouac dans les dunes et son dîner « vue sur mer » dans un rayon de lune, une visite de renard au petit déjeuner, des séances vaisselle sur le port, encore quelques belles attaques de maringouins, des pauses et des picnics improvisés là où le vent nous mène, des séances pâtisserie et des festins sur table de camping...
Le Grand Tintamarre à Caraquet
Conclusion festive de cette chouette cousinade itinérante, nous rejoignons ensemble le Nouveau-Brunswick, plus précisément Caraquet, en terres Acadiennes, pour prendre part au Grand Tintamarre (exercice pour lequel nos enfants nous semblent avoir quelques bonnes prédispositions!). Point d’orgue du festival Acadien qui se tient chaque été dans la région, le Grand Tintamarre réaffirme haut et fort la singularité et la force de la culture et de l’identité Acadienne... en faisant le plus de bruit possible, tout simplement!
Armée de trompes, de grelots et autres ustensiles bruyants, notre délégation française, qui atteint un joli petit nombre (puisque nous avons également rejoint les Moine o volant), soutient volontiers la cause, et se mêle à la foule joyeuse... Un moment coloré, bruyant, familial, lumineux et éclatant.
Gaspésie, retour au calme
Au lendemain de la fête, la ville retrouve son calme, et se vide progressivement de tous ses visiteurs colorés. Le moment est venu de reprendre chacun sa route. Une dernière photo de la bande, quelques bons hugs... et on se dit au-revoir, en espérant se recroiser bientôt...
Pour nous 5, ce sera direction Gaspésie, où nous entrons sans nous presser. Première vraie respiration dans ce début de voyage, nous prenons le temps d’un petit « reset général » pour repartir, frais comme des gardons, sur un rythme de croisière bien à nous : gigantesque session lessive, rangements, nettoyages, vidanges et ravitaillements en tous genres, et surtout... rentrée des classes dans le camping-car!
Même si on est encore en plein mois d’août, nous voulons très vite ancrer l’école dans notre quotidien de voyageurs. Les enfants battent des mains, trop contents de découvrir ce nouveau morceau de vie de notre aventure...
À partir de maintenant, et 7 jours sur 7, réveil 7h30 (le changement d’heure, en passant d’un état à un autre, nous y aidera), et classe à partir de 8h30, dès que Brune sonne la cloche, à l’aide de son grelot anti-ours made in Canada!
Dans cette école, on étudie sur les mêmes manuels que les élèves de Levallois, on a un Cahier du Jour et des devoirs pour le lendemain, il y a aussi des bons points et des tampons « Champion ! » dans la marge, on fait des dictées et on apprend des poésies, on fait aussi des dessins et des gâteaux parfois... comme les copains. La grande différence, c’est qu’on joue dans une cour souvent très grande, qui ne ressemble jamais à celle du jour d’avant, et surtout, que l’on part en sortie de classe tous les après-midi! :)
Au programme de nos 1ères « sorties de classes » :
La faune locale, phoques, loutres et castors, ratons laveurs et autres putois, loups hurlant, ours noirs, et tous les cervidés du quartier, dont Lorenzo, notre 1er original!
Les eaux paisibles et cristallines de la Baie des Chaleurs, où l’on se baigne avec délice dans la lumière dorée du soir, au doux son d’une guitare... tout simplement magique!
Le cadre grandiose du village de Percé avec son rocher spectaculaire, l’île de Bonaventure, et toutes les légendes de sorcières Gaspésiennes qui vont avec, racontées (avec l’accent) à la Saline, vieux hangar de pêche sur le front de mer...
Le relief et la nature sauvage du parc Forillon, au bout du bout de la péninsule, là où les Appalaches s’enfoncent dans les eaux, là où le Saint-Laurent rejoint la mer...
Les sentiers, torrents et cascades des Monts Chic-Chocs, au cœur des terres, que l’on atteindra après quelques bons km de piste chaotique, pour une belle rando... terminée sous la pluie!
L’accueil cool et chaleureux de l’auberge de jeunesse Griffon Aventure, où nous atterrissons par hasard en cueillant, en stop, 3 de ses team members hauts en couleurs... Petite séquence « remember your backpacker’s life », entre le bar animé où l’on trinque dans toutes les langues sous la protection d’une gigantesque tête de Caribou, le feu de camp et la guitare face au coucher du soleil, les baby-foot toujours full, la grande cuisine partagée, où les saveurs et les accents se mêlent... Les enfants sont complètement fans, et voudraient « rester ici toute leur vie »!
On dirait bien que la relève est assurée! 😊
Pour l’heure, il leur faudra tout de même quitter ce nouveau paradis... Direction Québec, Montréal et Ottawa, pour un grand bain citadin avant les immenses lacs et forêts d’Ontario... À suivre!
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Nouvelle-Ecosse, du 30 juillet au 11 août
L’autre « grand jour » de ce début de voyage, incontestablement, aura été celui de l’arrivée de notre camping-car sur le continent.
Laissé à Anvers quelques 2 semaines plus tôt, pour traverser l’Atlantique à bord de l’Atlantic Sun, c’est le 1er août, aux 1ères heures du jour, qu’il fait son entrée dans la baie d’Halifax.
Une entrée qu’il n’est même pas envisageable de manquer!
Le jet lag aidant, Fabrice s’offre un petit sprint à 5h du matin pour être aux premières loges sur le Pont Mac Donald! (Rien à voir avec Ronald et ses frites)
24h et quelque plus tard, après un sympathique marathon administratif aux 4 coins de la banlieue d’Halifax, nous débarquons tous les 5 au port de commerce, où nous attend sagement notre truchement, parqué avec quelques bestiaux de la même espèce, sur fond de containers multicolores empilés jusqu’au ciel...
Nous ne sommes pas tout seuls à débarquer/embarquer via la Nouvelle Écosse avec une maison à roulettes!
Le temps d’attendre notre autorisation de sortie, déjà 2 familles, françaises, rencontrées : la team « Une année sans comté » (Franc-Comtoise donc 😉) qui termine son périple Américain pile quand nous débutons le nôtre; puis les “Moine o volant” dont le camping-car, parfait jumeaux d’Elliot, vient de partager la même transatlantique: une famille Nantaise, originaire de... la Pointe du Raz!! Ça ne s’invente pas!
Mais retour aux choses sérieuses! Ultime inspection post traversée : pas un pète, pas un vol, et un contrôle des douanes RAS => autorisation de sortie accordée pour Elliot.
Hihaaaaa! C’est la joie dans le clan Caminando. Ce soir, nous dormirons chez nous!...
Reste juste à charger et avitailler le bouzin!.... Bagages, bouffe, diesel, bouteilles de gaz, eaux, sans oublier les réserves d’apéro... C’est parti pour la grande tournée dans la zone commerciale du coin! 1er parking Walmart (certainement pas le dernier), 1er séance supermarché à 5 (et même à 10, avec les Moine o volant!) perdus dans les rayons au milieu des conditionnements king size et des céréales aux couleurs douteuses, 1ère bonne surprise avec la qualité et la diversité (inattendue pour nos préjugés Européens) du rayon fruits et légumes, 1er stock de farine à pancakes et sirop d’érable, 1ère déconvenue devant le rayon boisson au moment de choisir les apéros..., donc 1ère expedition au NSLC, magasin d’état, seul autorisé à vendre de l’alcool.
Commence ensuite une partie de Tetris géant... Réussir l’exploit de tout faire entrer dans nos 12 m2 est une chose, trouver la bonne combinaison pour ne pas avoir à tout sortir à chaque fois qu’on cherche le sel ou sa brosse à dent en est une autre! Sans parler de la mémorisation du « où est quoi », surtout quand celui-ci évolue finalement au fil des usages... La partie s’étalera donc sur plusieurs jours.
Bon sens, patience et organisation de rigueur!
Arrive enfin le 1er bivouac et notre 1ère grande tablée sous les étoiles... Un peu le bazar, un peu trop tard pour les kids, un peu « tu sais pas où est la passoire? “, un peu « tant pis pour l’anti moustique, on le trouvera demain », bref, un peu folklo... mais on est heureux, très heureux! On sourit, on rit, et on trinque à la bière Canadienne avec les Moine o volant, pendant que nos enfants jouent déjà tous ensemble.
Avec eux, nous partagerons nos 1ers km émerveillés (et bien d’autres 1ères) dans les décors sauvages de cette région magnifique.
Cadre magique, presque irréel, de la baie de Prospect et du village du même nom, avec ses airs de bout du monde... où l’on posera nos camping car entre 2 anses paisibles, une petite église de bois toute blanche et un gros rocher de granit rond bordé d’herbe tendre... Là, les paysages marins côtoient une nature presque Alpine, la paix et la nature règnent en maîtres, les colonies de canards ne craignent pas de traverser tranquillement la route, nos enfants non plus.
Lumières de dingue dans la Baie de Fundy, où les loulous prennent très très vite goût à la vie dehors, en mode Heidi, avant de s’embarquer - quelle chance! pour quelques heures à l’affût des baleines à bosses dans le soleil du soir...
Nature brute et vues grandioses sur l’Ile de Cap Breton, tout au Nord, avec son célèbre Cabot Trail entre mer montagne, paraît-il bondé en été... Nous apprendrons vite à interpréter ces qualificatifs à la mode Canadienne, tant nous nous sentons seuls au monde ici!
Virée kayak improvisée, au détour d’un bras de mer, alors que nous cherchions juste un coin sympa pour une pause dej au bord de l’eau... Quelques heures magiques à glisser paisiblement sur l’eau, à explorer et à en prendre plein les mirettes à chaque recoin de la baie.
Et aussi :
Douceur de vivre et ambiance marine du petit port de Badeck, sur l’immense Lac Bras d’Or, avec une chouette séance lego / playmobiles, tout simplement, au bord de l’eau... Cueillette de bleuets et 1er repas trappeur autour du feu, un peu arrosés par le 1er orage du voyage... 1ères lessives manuelles dans le Scruba Washing bag : où, faute de disparaître vraiment, les taches ressortent « propres » et fleurant bon la lessive, pour aller sécher dans le vent « au cul du camping-car »... 1ères séances bricolage et logistique camping-cariste (et sanitaire 😝), que l’on s’amuse drôlement à partager avec les Moine’O, tout autant que les apéros, les poêlées de St Jacques fraîchement pêchées ou les 1ères ventrées de pancakes face à la mer...
Une année de voyage qui commence fort... Il faut dire que la Nouvelle-Écosse est déjà tellement incroyable ! On se serait bien arrêtés 1 mois dans ce 1er tout petit morceau de Canada... plus proche de l’Europe que de Vancouver (et oui!).
Mais à ce rythme là, nous ne sommes pas près d’arriver ne serait-ce qu’à Mexico! ;o)
Alors Zou! On ne s’endort pas sur la route, et on continue plein Ouest!
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On l’attendait depuis des mois... le grand jour du départ est enfin arrivé.
Après 2 dernières semaines intensives, pimentées par quelques péripéties ménagères “suturées”, lombaires et même dentaires à J-1, une bonne cinquantaine de cartons, et pas loin de 100kg de bagages... c’est le 30 juillet, que nous avons claqué la porte de notre perchoir Levalloisien - récuré de fond en comble pour accueillir d’autres oiseaux migrateurs, afin de nous envoler enfin pour cette folle année d’errances sur les routes Américaines.
À force d’en parler, et d’accomplir une par une, sans plus trop réfléchir à la fin, les 1000 actions de la to-do-list interminable, l’atteinte de l’objectif semble presque irréelle... Sensation étrange, au moment de s’assoir dans le taxi “sans rien à faire”, avec tous nos bagages bouclés dans le coffre, alors que nous étions, le quart d’heure d’avant, encore à finaliser x détails incontournables en courant...
Le compte à rebours a bel et bien commencé! À partir de là, pas moyen de revenir en arrière; il ne reste plus qu’à se laisser porter, ou presque
Enregistrement, derniers courriers à poster, checks sécurité, dernier déjeuner « français », salle d’embarquement...tout s’enchaîne très très vite. A peine le temps d’un dernier coup de fil et nous voilà déjà propulsés plein Ouest.
Quelques heures suspendues dans le temps et l’espace, toujours bienvenues pour se glisser tout doucement dans cet état de voyageurs au long cours, au rythme si différent!
Les enfants sont à bloc 🥳 Outre le fantasme de regarder librement le plus de films possible dans l’avion, ils veulent surtout et avant tout s’investir à chaque étape... Même à celle de la douane (un peu sensible, pour nous, puisque nous n’avons aucun billet retour à présenter).
- L’officier Canadien : Vous prévoyez de rester combien de temps dans le pays?
- Nous : 5 / 6 semaines, grand max.
- Les enfants : mais non, on est là au moins pour 1 an!?!... 🤨
Nous avons malgré tout été admis sur le sol Canadien
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Et c’est en plein cœur d’Halifax, capitale de la Nouvelle Ecosse, que nous avons déposé nos bagages, accueillis par Kate and Mike, deux « serial voyageurs », connaisseurs des routes canadiennes et de la vie en van...
Nichée au cœur d’un quartier incroyablement vert, leur petite maison de bois colorée, aux vieilles fenêtres à guillotine et doubles portes/moustiquaires, nous met tout de suite dans l’ambiance locale.
Cosy refuge de nos 1ères siestes jet-laggées, elle est surtout un fabuleux camp de base pour partir crapahuter à la découverte de cette paisible ville toute tournée vers l’océan : ses ruelles pentues, plongeant vers le front de mer animé, sa rustique citadelle dominant la baie, son Musée canadien de l’Immigration du Quai 21, le Ellis Island local, très belle reconstitution du parcours des milliers de migrants, arrivés du monde entier par ce quai, pour venir tout tenter dans l’immensité de cette terre d’accueil Canadienne...
Pour Jacques, Ferdinand et Brune, les 1ers highlights de cette terre d’accueil, ce sont surtout les 1ers pancakes au sirop d’érable
, les 1ers mots en anglais « pour de vrai », les 1ers playgrounds « à l’Americaine », en plein cœur de la ville, avec leurs immenses pelouses, terrains de base-ball, skate-parks, square (avec piscine, si si!), et, must des must, le « Emera Oval » dédié aux patineurs l’hiver, où l’on peut, hors saison, emprunter à volonté vélos, patins trottinettes et autres véhicules bizarroïdes pour tourner à fond la caisse!... Nous y passerons nécessairement quelques heures!
On l’aura compris, l’atterrissage sur le nouveau continent est plutôt réussi.
En quelques jours, nous savourons déjà pleinement ce temps pour être ensemble tout simplement, pour découvrir et rencontrer à tous les coins de rue, pour s’étonner, s’émerveiller, pour improviser... Et cela nous va bien, très très bien!
Prochaine étape à suivre : la récupération du camping-car et les 1ers km...
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